L’Europe s’incarne donc dans ces rares symboles. Une rareté qui a des conséquences. Pour s’approprier l’Europe et ses promesses : paix, ouverture et avenir, tout le monde se met à utiliser le drapeau et l’expression « euro » ou « Europe » ! C’est ainsi que naissent Europe 1 (1955), Euromarché (1968), European Discount (1978), Eurolines (1985), Eurotunnel (1986), EuroDisney (1987),....
A leur insu, ces marques adoptent aussi le défaut récurrent du projet européen : l’union de façade, la superficialité, le vide. Pour ne rien arranger, le référendum sur le traité de Maastricht (1992) ajoute d’autres dimensions, justifiées ou non, à l’image de la Communauté : lourdeur, inefficacité, « technocratie »... L’Europe n’est plus consensuelle.
Les marques les plus sensibles réagissent : Euromarché disparaît dans Carrefour (1992), EuroDisney devient Disneyland Paris (1994). Leader Price efface le pavillon européen qui constituait la partie supérieure de son logo. Même Ed, l’épicier, devient Dia. |