Quand les marques parlent SMS
L’invasion du SMS a donné naissance à un nouveau style d’écriture,
plus rapide, plus court. Avec les nouveaux outils numériques, la tendance de la dé- ou re-structuration du langage s’est confirmée. Certaines marques l’ont bien compris et se sont mises, elles aussi, à filtrer leur univers à travers cette nouvelle logique.
Premier raccourci : le sigle
Le raccourci n’est certes pas nouveau, mais il tenait à distance. Côté marques, avant l’arrivée du SMS et utilisant les initiales, le raccourci concernait surtout les sigles de groupes étatiques, désincarnés et froids...
Jusqu’à devenir une posture statutaire, induisant un fort aspect financier.
LogoLVMH-PPR-NJLJ
La nouvelle “culture code”

Avec la multiplication des outils numériques et leur démocratisation, est arrivée la recherche de la vitesse. SMS et chat ont propulsé l’ère de l’économie du mot.
Cette écriture façon langage parlé s’est alors généralisée ; jusqu’à devenir une culture code, reprise par les marques elles-mêmes avec :
Le langage SMS
ASAP, marque
éthique de vêtements.
(Asap = As soon as possible)

A2Pas (la nouvelle superette d'Auchan)
Lol de Cordélia de Castellane,
vêtements pour adolescentes.
(Lol = Laughing out loud)
L’utilisation de sigles spécifiques à internet
xoxo (marque de vêtements et bijoux aux États Unis)
xoxo est le “bisou bisou” Internet américain
j'aime le lait d'ici
j'aime avec un cœur, repris du smiley
et du I like
IdTGV, utilisant le i d’internet - internet étant le support de réalisation de la marque
Nouveau langage, nouveaux liens

Ce nouveau langage des marques véhicule de nouvelles valeurs. La modernité tout d’abord. Ce langage est visuel, la marque devient un mot image à la place d’un langage écrit. Il induit également une notion de tribu, de privilèges et d’initiation, car seuls les connaisseurs le comprennent et s’y reconnaissent. Enfin il établit une relation de proximité immédiate par son côté “parlé”. La marque se laisse gagner par le langage de la rue.
Un nouveau langage donne aux marques l’occasion de créer un lien esthétique mais aussi une relation plus directe et affective.

Les noms qui se regardent

Un langage donne naissance à un nouveau genre naming : les noms qui se regardent, comme des écrans, mais ne se disent ou ne se lisent plus. Un nouveau code visuel qui fait voler les voyelles. Le low profil  des consonnes est à l’honneur : elles sont écrites en minuscules, ce qui tranche avec les capitales des sigles des marques étatiques.
C’est l’ère de la nouvelle esthétique où le signe fait sens.
Le naming devient rythmé voire musical. C’est le “bit” des lettres. Ces consonnes sont surtout celles qui claquent : ce sont des consonnes dures, rapides (b, r, t), souvent assorties de consonnes rares qui permettent également la différenciation.
Bershka abrège son nom en Bsk
Motorola RAZR
LZR de Speedo
Reebok raccourci en RbK
Le naming est en train de devenir un code image, où l’écriture a disparu au profit d’une image design, plus ou moins sonore.
La marque n’est plus un objet de verbalisation et de langage, mais s’immerge de plus en plus à travers le monde de l’image, jouant ses codes et s’éloignant des traditionnels mots que nous connaissons.
Même la prononciation de la marque entraîne une verbalisation toute différente, comme s’il s’agissait d’une formule magique ou d’un nouveau mantra.
Expresso
Le langage raccourci s’est généralisé avec la montée de nos outils numériques et a propulsé notre langage parlé en culture code. Les mots de marques deviennent des signes de reconnaissance, où le langage visuel prend de plus en plus d’importance jusqu’à signer un non sens verbal au profit d’une esthétique communautaire et affective. Exit le branding. C’est l’ère de la marque écran.
abonnez-vous

prénom

nom

entreprise

fonction

email

Quand les marques parlent SMS